Vous marchez dans un couloir animé au bureau, et une remarque lancée en passant – un ton un peu sec, un jugement hâtif sur votre travail – vous atteint comme une petite piqûre. Ce n’est pas la première fois. Vous sentez ce poids familier s’installer : l’envie de vous excuser, de minimiser votre propre contribution, comme si les mots des autres redessinaient soudain les contours de ce que vous valez. Cette friction intérieure, elle surgit souvent ainsi, dans les échanges ordinaires, où une voix extérieure semble dicter votre rythme.
Et pourtant, dans l’instant même où cela se produit, vous pouvez ralentir. Pas pour ignorer, mais pour observer. Prenez une respiration, ancrez-vous dans la sensation de vos pas sur le sol, dans le bruit distant des conversations autour. Cette remarque n’est qu’une information, pas une vérité gravée. Elle porte les filtres de celui qui la dit – ses frustrations, ses attentes non dites. En la laissant flotter un peu, sans la laisser s’accrocher immédiatement, vous commencez à voir clair : votre valeur ne se mesure pas à l’aune d’un commentaire isolé. C’est une restructuration discrète, presque instinctive, qui libère de l’espace pour votre propre perspective. Vous rappelez à vous-même les faits tangibles : les tâches que vous avez menées à bien ce matin, les idées que vous avez partagées avec assurance hier. Ces éléments concrets, ils contredisent le doute naissant, et en les reliant à l’ici et maintenant, ils renforcent ce que vous construisez déjà.

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