Le vent fraîchit soudainement, la lumière décline plus vite le soir, et sans que vous ne l’ayez prévu, une sensation d’agitation s’installe. Ce n’est pas forcément une tristesse profonde, mais plutôt une sorte de bourdonnement intérieur, une impatience ou une inquiétude diffuse qui semble s’accrocher à votre esprit. Ce changement de rythme dans la nature semble faire écho à votre propre fonctionnement, créant un décalage entre votre besoin de stabilité et les fluctuations de l’environnement.
Ce sentiment de flottement est courant lors des transitions saisonnières. C’est souvent le moment où les pensées deviennent plus cycliques, où l’on se sent un peu moins ancré, comme si le passage d’un état à un autre nous privait de nos repères habituels.
Reconnaître l’agitation face aux changements de rythme
Lors d’un changement de saison, notre système nerveux perçoit une modification de l’environnement : la température baisse, la durée du jour change, et nos habitudes biologiques sont légèrement décalées. Pour certains, ce changement est ressenti comme une perte de contrôle ou une perte de repères.
Le mental réagit alors souvent par l’anticipation ou la rumination. On peut se surprendre à penser à la suite de l’année, à s’inquiéter des jours qui raccourcissent, ou simplement à ressentir une fatigue mentale qui rend chaque pensée plus lourde. On essaie parfois de lutter contre cette agitation, de « se secouer » ou de vouloir retrouver immédiatement l’énergie de la saison précédente, ce qui ne fait qu’augmenter la tension interne.
Certains matins travaillent le corps. D'autres remettent en question ce que vous croyez être. Les deux vous ramènent au même endroit : vous.
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Plutôt que de voir cette agitation comme un problème à résoudre, on peut l’observer comme une réaction naturelle de notre organisme qui s’ajuste à un nouvel environnement.
Un moment de pause : le toucher de présence
Pour apaiser ce mental qui s’emballe lors des transitions, il est souvent plus efficace de ne pas chercher à réfléchir plus intensément, mais de revenir aux sensations physiques immédiates. L’idée n’est pas de stopper la pensée, mais de lui offrir un point d’ancrage plus solide.
Voici une pratique simple que vous pouvez essayer dès maintenant, ou au moment où l’agitation se fait sentir :
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La pratique de l’ancrage sensoriel par les pieds
Cette démarche ne demande aucun matériel et peut se faire n’importe où, que vous soyez assis à votre bureau ou debout dans votre cuisine.
1. *Prenez conscience de vos appuis.* Si vous êtes debout, répartissez légèrement votre poids sur vos deux pieds. Si vous êtes assis, sentez le contact de vos pieds sur le sol.
2. *Ramenez toute votre attention sur la plante de vos pieds.* Essayez de percevoir la pression des talons, du milieu du pied, puis des orteils contre la surface.
3. *Cherchez les nuances de sensation.* Sentez-vous le contact de vos chaussettes ? Le froid ou la chaleur de la pièce ? Est-ce que le sol vous semble dur, légèrement inégal, stable ?
4. *Respirez dans cette sensation.* Sans chercher à modifier votre respiration, imaginez simplement que chaque inspiration vous permet de descendre un peu plus profondément dans ce contact avec le sol.
5. *Observez les pensées sans les suivre.* Si votre esprit s’échappe vers une inquiétude, notez-le simplement : « Ah, je pense à cela », et ramenez doucement, comme on ramène un enfant par la main, votre attention vers la sensation de vos pieds sur le sol.
Faites cela pendant une ou deux minutes seulement.
Pourquoi revenir au corps aide à calmer le mental
Cette pratique fonctionne car elle détourne l’énergie de votre système nerveux de la boucle mentale (le cortex préfrontal, souvent sollicité par l’inquiétude) pour la ramener vers les sensations corporelles (le système sensoriel).
Lorsque le mental s’agite lors d’un changement de saison, il est souvent projeté dans le futur ou dans un passé idéal. En ramenant votre attention sur la sensation physique du contact avec le sol, vous forcez votre conscience à revenir dans le présent immédiat. Le sol, lui, ne change pas avec la saison ; il reste une constante, un support stable sur lequel vous pouvez vous reposer. Ce simple basculement permet de diminuer la charge de la rumination et de redonner au système nerveux un signal de sécurité.
Avancer sans chercher la perfection
Il est important de se rappeler que l’objectif de ces petits moments de pause n’est pas de devenir une personne parfaitement calme ou de supprimer toute inquiétude liée aux changements de vie ou de saison.
L’idée est simplement de créer de petits espaces de répit. Parfois, vous réussirez à vous ancrer très facilement. D’autres fois, votre esprit sera si agité que vous aurez l’impression de ne rien réussir. Et c’est tout à fait normal. L’essentiel n’est pas la réussite de la pratique, mais l’intention de revenir à soi.
Accueillir la transition saisonnière, c’est aussi accepter que notre propre rythme interne puisse être un peu plus fluctuant, un peu plus fragile, le temps que notre corps et notre esprit s’ajustent à la nouvelle lumière et à la nouvelle température.
Créer un espace de calme dès le réveil
Ces moments de présence sont d’autant plus précieux s’ils ne sont pas de simples réactions à une crise, mais s’ils s’inscrivent dans une habitude de douceur. Lorsque les saisons changent, la manière dont nous entamons nos journées peut grandement influencer la gestion de notre agitation mentale.
Plutôt que de laisser le tumulte du monde extérieur et les premières pensées de la journée dicter votre état d’esprit, vous pouvez choisir de construire un sas de transition entre votre sommeil et l’action. Pour ceux qui souhaitent instaurer ce moment de calme de manière régulière et accompagnée, le Rituel du matin propose un cadre simple pour retrouver un ancrage serein dès le début de la journée.




