Vous marchez dans le hall étroit d’une administration, quelqu’un tourne brusquement un angle, vous vous heurtez, et la première chose qui vous échappe est un « pardon » automatique. C’est un réflexe qui semble anodin, mais qui porte en lui une lourdeur invisible. Le poids d’une excuse n’est pas un trait de caractère, c’est une automatisation comportementale héritée de l’enfance. Vous avez appris à réduire votre encombrement spatial pour ne pas déranger le passage des autres.
Ce réflexe de s’effacer occulte une réalité physiologique simple : vous occupez, par votre seule présence physique, un volume réel dans cet espace. Lorsque le prochain incident se produira, dans 3 ou 4 secondes, testez une pause silencieuse au lieu de la formule habituelle. Respirez par le nez, posez vos pieds à plat sur le sol, et laissez votre corps occuper sa place sans ajouter de mots.
Ce geste nécessite une forme d’ajustement des schémas de pensée pour transformer une culpabilité apprise en une neutralité sereine. En remplaçant l’excuse par un simple contact visuel ou un hochement de tête, vous validez votre droit d’exister là où vous vous trouvez, sans demander d’autorisation ni vous justifier. L’espace que vous occupez est légitime.
Il est tout à fait possible que vous oubliiez d’appliquer ce changement pendant les 48 prochaines heures, ou que votre « pardon » sorte avant même que vous n’ayez conscience de la situation. Ce n’est pas un échec, c’est une observation utile sur vos réflexes. Vous n’avez pas besoin d’être parfait demain, ni de bannir totalement cette habitude en une seule fois.
Certains matins travaillent le corps. D'autres remettent en question ce que vous croyez être. Les deux vous ramènent au même endroit : vous.
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– Observez le moment précis où l’excuse monte aux lèvres.
– Autorisez-vous une respiration complète avant de réagir.
– Reconnaissez votre espace comme un lieu de stationnement légitime.
Vous ne changerez pas de personnalité en un instant, mais vous habiterez le monde avec un peu moins de friction.



