Vous marchez dans la rue, un sac à la main après une course quotidienne, et soudain, une pensée surgit : ce rendez-vous manqué la semaine dernière, cette décision qui tourne encore dans votre tête comme un écho persistant. Elle vous tire en arrière, vous fait ressasser ce qui aurait pu être différent, et l’instant présent s’efface un peu. C’est une friction familière, cette façon dont l’esprit s’accroche aux regrets pour mieux vous alerter, mais qui finit par vous immobiliser, comme si le poids du passé dictait déjà vos pas d’aujourd’hui.
Pourtant, imaginez que vous accordiez à cette réminiscence juste ce qu’il faut : un regard calme, sans jugement hâtif. Au lieu de la voir comme une preuve d’échec irrémédiable, vous la transformez en un simple repère – une leçon tirée d’une ancienne démarche, qui éclaire maintenant vos choix sans les entraver. C’est un ajustement discret, comme rectifier la trajectoire d’un objet en mouvement : le passé informe, mais il ne commande plus. Et quand l’inquiétude pour demain pointe le bout de son nez – ces projets incertains, ces lendemains flous –, laissez-la glisser sans y plonger. Revenez à la sensation du sol sous vos pieds, au rythme de votre souffle, à la chaleur du soleil sur votre visage. Ce n’est pas une esquive, mais un ancrage : vous êtes là, pleinement, et cela suffit à orienter la suite.
Dans ces retours au présent, une douceur s’installe progressivement. Prenez le temps de noter ce qui fonctionne déjà, un petit geste qui vous apaise – une gorgée de thé savourée, un appel passé sans attendre. Ces instants, quand vous les reconnaissez, renforcent une habitude intérieure : ils vous montrent que vous avancez, pas par bonds spectaculaires, mais par ces appuis successifs qui tracent une voie plus juste. Le chemin continue ainsi, fluide et soutenu, un pas après l’autre.




