Vous arrivez au bureau un matin, un peu fatigué par une soirée passée à relire des messages sur les réseaux. Vous avez vu ces collègues qui semblent toujours à l’aise, avec leur assurance fluide, leurs réponses ciselées. Et vous, vous vous surprenez à ajuster votre posture, à moduler votre voix pour coller à ce modèle. C’est subtil, presque automatique : une imitation qui passe inaperçue, mais qui laisse un poids au creux de l’estomac. Comme si être soi-même demandait un effort insurmontable, alors que suivre le courant semble plus simple, plus sécurisant.
Cette friction intérieure, on la connaît tous. Elle surgit quand on compare nos gestes quotidiens à ceux des autres, quand on se dit que pour avancer, il faut d’abord ressembler à quelqu’un de plus accompli. Peut-être est-ce dans une réunion, quand vous hésitez à partager une idée parce qu’elle ne cadre pas avec les habitudes du groupe. Ou chez vous, en feuilletant un magazine qui met en scène des vies impeccables. L’esprit s’emballe : “Si je faisais comme eux, les choses iraient mieux.” Mais ce raisonnement, une fois posé, révèle sa fragilité. Car qu’est-ce qui se passe vraiment quand on force la ressemblance ? On perd le fil de ce qui nous anime, on dépense de l’énergie à feindre au lieu de construire.
Prenez un instant, là, dans le flux de votre journée. Regardez ce que vous faites naturellement, sans filtre. Peut-être est-ce la façon dont vous préparez votre café, avec ce geste précis qui vous est propre, ou la manière dont vous écoutez un ami, attentif à ses mots sans imposer un rôle. Ces petites actions, souvent reléguées au second plan, portent en elles une vérité simple : elles sont les vôtres. En y accordant un regard calme, sans jugement hâtif, vous remarquez comment elles s’alignent sur vos forces réelles. Pas besoin de grand bouleversement ; juste une pause pour reconnaître que ce qui semble banal est en fait un ancrage solide. Et quand vous agissez à partir de là, une clarté émerge : les décisions deviennent plus justes, moins dictées par une image extérieure.
Bien sûr, ce n’est pas une transformation immédiate. La confiance en soi se tisse au fil des jours, à travers ces choix répétés. Imaginez que, la prochaine fois que l’envie d’imiter surgit, vous essayiez quelque chose de concret : exprimez une opinion telle quelle, sans la polir pour plaire. Au début, cela peut sembler exposé, vulnérable. Mais observez ce qui suit. Souvent, une réponse positive arrive – un échange auensuitetique, un pas en avant qui renforce l’idée que votre voie est viable. Et petit à petit, ces expériences accumulées construisent une assurance qui ne repose plus sur l’approbation des autres, mais sur la cohérence de vos actes.
Dans le présent, ce moment n’est pas une pause isolée. Il devient le levier qui oriente vos pas futurs, avec une constance qui dure. Vous avancez, non pas en copiant un idéal lointain, mais en habitant pleinement ce que vous êtes, ici et maintenant.




