Imaginez-vous dans une réunion d’équipe, entouré de collègues qui avancent avec assurance, partageant des idées qui semblent si fluides, si ajustées. Vous sentez cette pression familière : pour être à la hauteur, il faudrait peut-être adopter leur ton, leur rythme, comme si votre propre voix risquait de détonner. C’est ce moment où l’hésitation s’installe, où l’on se demande si rester fidèle à soi n’est pas un luxe qu’on ne peut pas se permettre.
Cette friction intérieure, elle naît souvent d’une comparaison instinctive. On se dit que pour progresser, il faut se calquer sur ce qui marche chez les autres, que notre façon d’être est un peu trop brute, trop personnelle pour s’imposer. Mais en y regardant de près, dans l’instant même où cette pensée surgit, on peut la dénouer doucement. Plutôt que de la laisser dicter la suite, observez ce qui se passe en vous : votre respiration qui ralentit, vos épaules qui se crispent légèrement. Et si cette voix qui murmure « tu n’es pas assez » n’était qu’une habitude, pas une vérité gravée ? En vous accordant ce bref recul, vous commencez à voir que ce qui compte, c’est l’alignement avec votre propre clarté, pas une imitation forcée.
Prenez alors une petite étape : exprimez une idée telle qu’elle vient, sans la polir pour plaire. Peut-être que ce sera une remarque plus directe, ou un silence choisi au lieu d’une réponse hâtive. Immédiatement après, notez ce qui suit – cette sensation de légèreté, même fugace, qui émerge quand on agit sans masque. Ce n’est pas une victoire bruyante, juste un ancrage discret qui se répète. À force, ces instants s’additionnent, formant une confiance qui ne dépend plus des regards extérieurs, mais d’une présence fidèle à soi. C’est ainsi que l’on avance, pas en sautant des étapes, mais en les habitant pleinement, un pas après l’autre.



